Foire aux questions
Une centrale de combustion de bois B et de CSR, que la SEMOP prévoit sur l’ancien site EDF des Ardoines pour alimenter le réseau de chauffage urbain de Paris et de plusieurs communes, dont Vitry.
Le bois B est du bois de récupération traité ou peint ; les CSR, combustibles solides de récupération, sont des déchets non recyclables préparés pour être brûlés. Le projet a été voté par le Conseil de Paris en décembre 2025. Il est porté par un groupement associant Dalkia (groupe EDF), Eiffage et RATP Solutions Ville ; Dalkia en serait l’exploitant. La SEMOP annonce un investissement de 1,2 milliard d’euros et une mise en service à l’horizon 2031. La Ville de Vitry-sur-Seine n’a pas décidé ce projet.
Le conseil municipal a dit non au projet en l’état, le 20 mai 2026, par 48 voix, majorité et opposition, et 2 abstentions, sans une voix contre.
La Ville pose cinq conditions, dans l’ordre : la santé des Vitriot·es, le coût du chauffage, l’emploi local, le trafic, le patrimoine industriel. Elles rejoignent les demandes et les préoccupations des habitant·es. Vitry n’est pas contre l’industrie : elle a accueilli une centrale pendant des décennies. Elle refuse un projet qui n’est pas transparent sur ce qu’il brûlerait. Le 6 décembre, les Vitriot·es donneront leur avis ; le Maire s’est engagé à le porter. La Ville ne fait pas campagne.
Le mot fait débat. La Ville ne le tranche pas : elle parle de ce que l’installation brûlerait.
Les opposant·es parlent d’incinérateur, le porteur de chaufferie. La Ville dit « centrale de combustion de bois B et de CSR ». La question qui compte n’est pas le nom : c’est ce qui serait brûlé, en quelle quantité, d’où cela viendrait, ce qui sortirait des cheminées et qui le contrôlerait.
C’est la première condition posée par la Ville, et la première inquiétude exprimée par les habitant·es.
Les questions portent notamment sur les particules fines et ultrafines, les PFAS (« polluants éternels »), les dioxines et furanes, les métaux lourds, les oxydes d’azote et de soufre, les composés chlorés. Le porteur met en avant le respect des normes et le traitement des fumées.
La santé des Vitriot·es ne se négocie pas : elle se prouve, et c’est au porteur de le faire. La Ville demande la composition exacte de ce qui sortira des cheminées, des investissements qui suppriment ou réduisent fortement la pollution, une mesure des émissions par un organisme indépendant et la publication, consultable par toutes et tous, de chaque dépassement. La santé doit rassembler les habitant·es et celles et ceux qui travailleraient dans l’usine.
Selon la SEMOP, parce que le site des Ardoines est une emprise industrielle existante, en bord de Seine, proche du réseau de chaleur, sur un terrain appartenant à EDF.
Beaucoup d’habitant·es posent une autre question : pourquoi toujours ici ? Le secteur accueille déjà de nombreuses infrastructures industrielles et routières. La Ville partage cette question. Faute d’investissement massif de l’État dans l’industrie et la transition écologique, on demande aux territoires de choisir entre polluer ici et exporter le problème ailleurs. Vitry veut à la fois contribuer à réduire les émissions de CO₂ et offrir à ses habitant·es un cadre de vie sain. Elle doit pouvoir décider de son avenir industriel, avec ses conditions.
C’est la deuxième condition. Paris a une baisse de facture annoncée ; Vitry, elle, a une promesse.
Le réseau de chaleur alimente de nombreux logements à Vitry, dont des logements sociaux. Un réseau de chaleur peut protéger des hausses brutales des prix de l’énergie, comme en 2021 et 2022. Mais aucune baisse n’est garantie aux Vitriot·es. La Ville demande que le bénéfice pour les ménages vitriots, locataires comme propriétaires, soit chiffré et écrit.
C’est la troisième condition. Vitry n’a pas à choisir entre un air sain et des emplois : elle demande les deux.
Le porteur annonce des emplois en exploitation, pendant le chantier et indirects. À ce stade, ils ne sont ni détaillés ni garantis. La Ville demande des emplois chiffrés, des clauses écrites pour l’accès des Vitriot·es à ces emplois, et le maintien écrit du statut des industries électriques et gazières, y compris pour celles et ceux qui feront tourner la centrale.
L’installation relèverait du régime des installations classées pour la protection de l’environnement : autorisation préfectorale, seuils réglementaires, contrôles.
Le porteur annonce des mesures en continu de plusieurs paramètres. Pour la Ville, le contrôle réglementaire ne suffit pas : elle demande une mesure par un organisme indépendant, la publication de chaque dépassement et un comité de suivi ouvert aux habitant·es, dans la durée. La mesure des PFAS dans les rejets de ces installations devient par ailleurs obligatoire, en application d’un arrêté du 31 octobre 2024, selon un calendrier échelonné jusqu’en 2028.
Le projet a été voté par le Conseil de Paris ; son autorisation relève de l’autorité qui la délivrera ou la refusera. Lors de l’enquête publique, le conseil municipal rendra l’avis de la Ville, éclairé par la votation.
Le 6 décembre, les Vitriot·es donnent leur avis, par un vote consultatif. Le Maire s’est engagé à porter ce résultat, quel qu’il soit, auprès du porteur, de la Ville de Paris et de cette autorité. La concertation préalable, conduite sous le regard de garant·es de la Commission nationale du débat public, éclaire la suite de la procédure ; elle ne dit pas ce que pense Vitry.
Pas entièrement.
La SEMOP a annoncé 450 000 tonnes par an dans la presse. Elle n’a publié ni la part de bois B et de CSR, ni leur provenance, ni les émissions attendues, ni les solutions prévues pour les réduire. Tant que ces données ne sont pas publiées, la première condition posée par la Ville, la santé, n’est pas remplie. Le vœu du 20 mai exige aussi une étude hydraulique, une étude de danger intégrant le risque d’inondation et une évaluation des impacts sanitaires.
C’est la quatrième condition.
Les combustibles devront être acheminés jusqu’aux Ardoines. La SEMOP prévoit une plateforme fluviale à Ris-Orangis ; la part des livraisons par la Seine et par la route n’est pas publiée. La Ville demande le nombre de camions attendus, leurs itinéraires dans la ville et la part du transport fluvial.
C’est la cinquième condition.
Les Ardoines portent près d’un siècle d’histoire ouvrière et énergétique. La Ville défend le maintien des grandes cheminées de l’ancienne centrale. Elle demande que tout projet sur le site respecte cette histoire productive, avec des bénéfices réels pour l’emploi et le territoire, et jamais au détriment de la santé des habitant·es.
Un vote organisé par la Ville, pour que les Vitriot·es donnent leur avis sur le projet.
Le vote se tiendra le dimanche 6 décembre, de 9 h à 16 h, uniquement en présentiel, dans cinq lieux de vote. La question, les modalités et le règlement sont délibérés par le conseil municipal le 7 octobre, et publiés ici aussitôt.
La votation s’inscrit dans un cadre prévu par la loi : c’est une consultation, dont le résultat ne lie pas juridiquement la Ville et ne se substitue pas à la décision de l’autorité compétente. Le Maire s’est engagé à en porter le résultat, quel qu’il soit. Elle garantit la sincérité du scrutin, et elle a surtout une force politique : celle de la ville qui accueille le projet et de ses habitant·es, directement concerné·es par ses conséquences.
Vitry consulte régulièrement ses habitant·es, sur des sujets qui divisent ou sur de grands projets, comme la vidéo-verbalisation ou la déchèterie. Avec la votation citoyenne, elle va plus loin : elle donne la parole à toutes et à tous, y compris à celles et ceux qu’on n’entend jamais.
Les Vitriot·es, toutes et tous, y compris celles et ceux qui ne votent pas aux élections.
Le Maire propose au conseil municipal du 7 octobre d’ouvrir la votation au-delà des listes électorales, aux résident·es étranger·es et aux jeunes dès seize ans. Chaque personne votera une fois. Les règles seront publiées ici dès la délibération.
Faire voter le plus grand nombre, c’est reconnaître que toutes celles et ceux qui font Vitry doivent avoir voix au chapitre sur l’avenir de leur ville. La votation est ainsi plus large qu’un référendum local, qui ne permet de voter ni aux jeunes de moins de dix-huit ans ni aux résident·es étranger·es non européen·nes.
La concertation préalable éclaire, elle ne décide pas, et elle ne dit pas ce que pense Vitry.
Elle est conduite par le porteur du projet, sous le regard de garant·es désigné·es par la Commission nationale du débat public, du 1er septembre au 1er novembre 2026, sur l’ensemble du territoire concerné. La votation du 6 décembre est organisée par la Ville, pour les Vitriot·es. Participer à l’une n’empêche pas de participer à l’autre.
Des garant·es désigné·es par la CNDP veillent à la qualité, à la sincérité et à l’intelligibilité des informations communiquées ; la CNDP peut demander des documents complémentaires au porteur et solliciter une expertise. Les éléments recueillis par la Ville seront versés à la concertation préalable.
Un comité scientifique indépendant, réuni par la Ville, qualifie chaque donnée du dossier : établie, annoncée ou manquante.
Il associe trois disciplines : la toxicologie pour la santé, la physico-chimie de l’atmosphère pour l’air, l’économie pour le coût et les retombées économiques. Il ne dit pas s’il faut faire le projet : ce jugement appartient aux Vitriot·es, mais il peut formuler des préconisations. Ses membres travaillent bénévolement, par choix d’indépendance. La concertation préalable est par ailleurs encadrée par la CNDP.
Elles ont fait l’objet d’un bilan public, le 14 octobre.
Ce que les habitant·es ont écrit depuis juin, dans les cahiers ouverts dans une dizaine d’équipements publics et sur ce site, a été présenté en direct sur les pages Facebook et Youtube de la Ville, relayé sur le site de la ville et sur ce site. Le comité scientifique y a apporté des réponses précises. Les éléments recueillis par la ville seront aussi versés à la concertation préalable.
Sur ce site, et lors de trois rendez-vous publics retransmis en direct.
Le bilan de ce que les habitant·es ont dit, le 14 octobre, en ligne ; l’audition du porteur et des opposant·es par les élu·es ; la restitution des travaux du comité scientifique, le 26 novembre. Ces rendez-vous prolongent la réunion publique du 1er juillet, les ateliers du 6 juillet, dont une centaine de participant·es aux ateliers, et les cahiers ouverts tout l’été dans une dizaine d’équipements publics. Vous pouvez poser une question à tout moment.
Des réponses à vos questions
Le 14 octobre, le comité scientifique a répondu en direct aux questions que les Vitriotes et les Vitriots ont déposé sur ce site et dans les cahiers de concertation.

